Un enjeu écologique et agronomique majeur
Avec le bouleversement climatique, la diversité ampélographique devient une assurance-vie pour le vignoble héraultais. Les monocultures, si productives qu’elles aient été au XXe siècle, montrent aujourd’hui leurs limites : sensibilité aux maladies, faible résilience face aux sécheresses, uniformité aromatique.
Des réponses concrètes au changement climatique
L’Hérault a connu une hausse moyenne de 1,4 °C des températures depuis 1950 (source : Météo France), couplée à une récurrence de sécheresses. Dans ce contexte, conserver des cépages autochtones ou moins diffusés présente de nombreux bénéfices :
- Robustesse naturelle : Certains cépages locaux, comme le terret ou le rivairenc, sont particulièrement adaptés à la sécheresse et aux sols pauvres. Ils nécessitent moins d’irrigation et de traitements phytosanitaires.
- Répartition des risques : La diversité permet d’étaler la période de vendange, limitant les dangers en cas de phénomène climatique extrême sur une période donnée.
- Meilleure résistance aux maladies : La polyculture ampélographique limite la propagation rapide des maladies fongiques ou virales.
Un levier pour l’agriculture biologique et la viticulture durable
La conversion rapide des domaines à l’agriculture biologique dans l’Hérault (près de 30 % du vignoble en bio ou en conversion en 2022, selon l’Agence Bio), s’accompagne souvent d’une redécouverte de cépages rustiques, naturellement adaptés aux conditions locales. Moins exigeants en interventions chimiques, ils s'inscrivent dans un modèle viticole plus respectueux des écosystèmes.
| Cépage |
Résistance à la sécheresse |
Intérêt en bio |
Surface en Hérault (ha – 2022) |
| Terret |
Élevée |
Faible sensibilité à l’oïdium |
640 |
| Ribeyrenc |
Moyenne |
Bonne adaptation |
Moins de 15 |
| Piquepoul blanc |
Moyenne |
Précieux en bio |
1 600 |
| Grenache |
Élevée |
Très cultivé en bio |
7 640 |
(Sources : INAO, CIVL, Observatoire Viticole Hérault)