Aux racines du Terret : un cépage oublié et retrouvé
Au fil des paisibles collines du Languedoc, il arrive que certains ceps mangent la lumière à leur façon, en silence. Le Terret, blanc ou gris selon les rangs, fait partie de cette famille discrète mais essentielle, tapie dans l’ombre des Carignan et Grenache qui dominent la région. Pourtant, une discrète révolution agite les vignerons héraultais : le Terret connaît un singulier renouveau, porté par un retour aux sources et le désir d’exprimer la fraîcheur indigène du terroir.
Il faut remonter au Moyen-Âge pour croiser les premières mentions du Terret, principalement autour des étangs de Thau, de Sète à Marseillan. À l’époque moderne, il prospère jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle : en 1958, le Terret couvrait près de 25 000 hectares dans l’Hérault (Source : Institut National de l’Origine et de la Qualité - INAO). À travers les décennies, la demande mondiale s’oriente vers des rouges puissants, des blancs aromatiques exotiques : le Terret recule, remplacé par le Chardonnay ou le Sauvignon blanc.
Aujourd’hui, on recense moins de 1 700 hectares de Terret en France, majoritairement dans l’Hérault et le Gard (Wine Grapes, Robinson, Harding, Vouillamoz 2012). Pourtant, c’est ce recul qui signe le point de départ de sa renaissance contemporaine.